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Saïd El Inkichari
Président directeur
général
GEC - General Europe Consultants
"Le diplôme est la première chose que
l'on regarde sur un CV quel que soit l'âge du candidat"
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EmploiCenter. Quel
est votre périmètre de recrutement ?
Saïd El Inkichari. Gec
couvre tous les métiers de l'informatique générale. Nous travaillons à
70% pour des sociétés de services qui recherchent neuf fois sur dix des
personnes qui ont un bac +4 ou un bac +5 et un à deux ans d'expérience.
Quand je parle de bac +4 ou 5, ce n'est pas seulement en terme de niveau
d'études, mais surtout de diplôme obtenu. Quant aux diplômés des "classes
A", issus des grandes écoles (Centrale, X, Supélec, Ponts et Chaussées,
les Mines, Sup de co Paris…), nous n'en recrutons qu'une dizaine par an.
Quelle
analyse faites-vous de l'année 2003 ?
Début 2003, 30% de nos clients habituels ont embauché.
Début 2004, 100% de nos clients habituels prévoient d'embaucher, et dans
tous les secteurs. La comparaison est explicite. En période de crise économique,
seuls quelques profils peuvent sortir du lot. Comme en 2003, où nous avons
sélectionné essentiellement des profils pour des activités de finance
de marché, d'EAI et dans les serveurs d'applications J2EE. Nous n'avons
pas eu de mal à trouver ce type de profil. En revanche, nous avons eu
quelques difficultés à trouver des confirmés, car dans des temps difficiles,
chacun songe plus à conserver son poste qu'à chercher ailleurs pour en
changer.
Quelles sont vos prévisions
pour 2004 ?
En 2004, le nombre de recrutement va être au moins multiplié
par deux par rapport à 2003. A partir du deuxième trimestre, la reprise
va s'accélérer. Il y a des perspectives en vue et tous les indicateurs
sont au vert. Il faut faire passer un message d'optimisme ; car même pour
les personnes qui cherchent un emploi depuis longtemps, il va y avoir
beaucoup d'opportunités.
Même pour ceux qui sont au
chômage depuis six mois ou un an ; sachant que l'expérience est un des critères
essentiels de choix pour un employeur ?
Oui, même pour eux. Ca ne choquera personne car cette situation
sera justifiable par la conjoncture. En revanche, si la reprise se fait sentir
depuis juin 2003 et se confirme maintenant, elle ne va pas concerner tout le monde.
Ceux qui vont souffrir sont les bac +2, car ils ne sont pas assez diplômés au
goût des entreprises, et ceux qui ont un bac +5 mais plus de 36 ans, car ils sont
considérés comme dépassés ! Nous sommes dans un monde impitoyable où il faut être
hautement diplômé et où il ne faut surtout pas s'endormir dans son entreprise.
Il est essentiel de changer tous les deux ou trois ans, de se remettre en cause
et d'écouter le marché.
Les salaires proposés à
l'embauche ont-ils évolué depuis un an ?
Pour les jeunes diplômés, non. Seuls les confirmés qui
ont eu l'opportunité de changer d'entreprise, ont réussi à négocier une
augmentation moyenne de 10%. Ce qui n'arrivait plus depuis deux ans. C'est
donc un signe qui indique que la situation s'est stabilisée.
Quels sont vos critères de
choix d'un candidat ?
Le diplôme et l'âge d'abord. Viennent ensuite le nombre d'années
d'expérience, l'environnement technologique dans lequel il a évolué, les compétences
techniques acquises et ses domaines fonctionnels. Il faut savoir que même pour
quelqu'un qui a vingt ans d'expérience, on regarde toujours sa formation initiale.
Car les employeurs considèrent qu'un bac +5 ans a une capacité supérieure à assimiler,
et à comprendre plus rapidement.
Donc, si j'ai un conseil à donner aux jeunes, c'est de poursuivre les études
le plus longtemps possible, car obtenir un vrai diplôme est le clef de l'emploi.
Propos recueillis
par Philippine Arnal, le 13 janvier 2004
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