Après la tempête, les beaux jours ? Après une
année 2005 de retour à la croissance, l’année 2006 devrait voir une
hausse importante des recrutements dans ce secteur qui demeure, mais
qui devrait favoriser l’emploi dans ce secteur, qui demeure pourtant
l’un des grands recruteurs nationaux, aussi bien pour les cadres
confirmés que chez les jeunes diplômés. Et ce dans les SSII (sociétés
de service en ingénierie informatique) comme dans les services
informatiques des entreprises.
Après deux années (2002 et 2003) particulièrement difficiles, le marché
a retrouvé des couleurs avec une croissance du chiffre d’affaires de 4
% à 5 % en 2004 et 2005. Et au cours du premier semestre 2006,
l'activité des sociétés de logiciels et de service a même crû de 6,5 %.
Une « bonne santé » retrouvée qui se poursuit donc en 2006, grâce à la
reprise des grands investissements, jusque-là gelés, chez les
utilisateurs de la fonction informatique.
Vers une concentration du secteur.
Des grands groupes (Capgémini, Atos, Unilog, Sopra…) animent le marché
aux côtés de SSII spécialisées, qui ont souvent traversé la crise avec
plus de souplesse. Mais cette cohabitation tend à disparaître avec une
accélération de la concentration du secteur, notamment pour les
sociétés cotées en bourse. Ces dernières s’appuient nécessairement sur
une croissance externe pour assurer leur développement. « Les acteurs
sont à la recherche de la taille critique, résume Saïd Elinkichari,
président-fondateur de Générale Europe consultants. Chaque société
cherche à élargir son offre pour répondre à l’ensemble des attentes des
clients. » La demande actuelle des utilisateurs pousse également dans
ce sens puisqu’ils réduisent considérablement la liste des prestataires
informatiques habilités à répondre aux appels d’offres.
Encore des recrutements. Les
principaux acteurs, SSII et éditeurs de logiciels, ont toujours
maintenu un certain niveau de recrutement, mais ont souffert du
ralentissement économique national. Rappelons que des phénomènes
exogènes (l’euro, le passage à l’an 2000, Internet, etc.) avaient
largement contribué à booster de manière artificielle le secteur.
Avantage aux cadres… et aux jeunes diplômés.
Selon l’APEC, le marché recherche des cadres expérimentés, mais demeure
le premier recruteur de jeunes diplômés. Les bons profils ? Ceux qui
possèdent de un à six ans d’expérience, mais surtout qui maîtrisent des
outils comme JAVA/J2EE, SAP, Peoplesoft, etc. Les informaticiens
orientés « finances de marché » sont également très prisés, tout comme
les commerciaux chargés de vendre des prestations de consultants. «
Nous sommes revenus à la situation de 1998, indique Saïd Elinkichari.
Depuis la fin 2004, le marché est nettement plus dynamique. Les
entreprises ont repris les recrutements et le turnover s’est accéléré.
»
Candidatures : on écrit de moins en moins. Les pratiques de
recherche évoluent également. Avec les nouvelles technologie et
l’explosion des sites consacrés à l’emploi, fini le courrier
d’accompagnement ! « Avec Internet, nous ne recevons plus de lettres de
motivation, juste un mot de politesse. C’est le secteur qui veut cela
», conclut Saïd Elinkichari.
Les conseils d’un pro pour votre candidature
Sandrine Lachkar, consultante RH, groupe Projipe.
«Nous
n’avons cessé de recruter, même durant les années où le marché s’est
retourné, au début des années 2000, assure Sandrine Lachkar. Notre
stratégie n’est pas de recruter en fonction des missions ou du carnet
de commandes, mais de repérer des candidats à fort potentiel pour
construire une vision et un développement mutuels de long terme. »
Priorité aux profils « complets ».
« Pour sélectionner nos collaborateurs, nous tenons compte de certains
critères précis et incontournables. Tout d’abord, la formation : nous
recrutons surtout des diplômés de grandes écoles d’ingénieurs, type
ENSI (écoles nationales supérieure d’ingénieurs), avec une
spécialisation en informatique. Ensuite, nous attendons un certain
savoir-être que nous évaluons lors de l’entretien. Enfin, une
expérience probante avec, pour les jeunes diplômés, un stage de longue
durée (au moins six mois) est déterminante. Dans les CV comme dans les
lettres, il est à cet effet indispensable de mentionner la technologie
ou les systèmes maîtrisés. »
L’emploi est sur Internet et dans les salons.
La quasi-totalité des 10 000 CV que reçoit chaque année Projipe arrive
via Internet. « Les courriers sont devenus extrêmement rares ». La «
récolte » des candidatures se fait essentiellement sur les principaux
sites d’emplois (APEC, Monster, Keljob, lesjeudis.com). « Nous allons
chercher les bons CV là où ils sont. Nous sommes également très actifs
sur les salons consacrés au recrutement, qui représentent 30 % des
candidatures ». « Le recours à Internet fait qu’aujourd’hui il est
devenu très rare de lire des courriers d’accompagnement, excepté une
phrase lapidaire pour indiquer que l’on postule et que le CV est en
pièce jointe. Ce n’est pas dommageable pour les candidatures. Juste
dommage. »
Pas de zèle inutile.
Dernier point : « Il est fréquent que les jeunes diplômés des grandes
écoles, férus d’innovation, poussent le zèle un peu loin et nous
envoient leurs CV avec des logiciels trop pointus ou non
commercialisés. Une fois chez nous, nous ne pouvons pas les ouvrir.
Donc utilisez tout simplement Word afin de réduire ce genre de risque !
».
Les codes du milieu
Dans votre candidature, indiquez avec précision les systèmes et
logiciels que vous maîtrisez. Les technologies à la pointe varient en
effet rapidement, et les besoins en « connaisseurs » avec elles.
Actuellement, si vous « parlez » JAVA ou J2EE, vous serez reçu pour un
entretien à coup sûr… même si votre CV n’est pas hors du commun par
ailleurs. Avant de postuler, renseignez-vous précisément sur les «
langages » informatiques recherchés.
Gilbert Azoulay